Peut-on mettre le nazisme et l'islamisme en balance ? L'hitlérisme serait-il moins dangereux que le djihadisme ? C'est ce que tente de montrer l'article d'un philosophe flamand qui fait scandale ....

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Peut-on mettre le nazisme et l'islamisme en balance ? L'hitlérisme serait-il moins dangereux que le djihadisme ? C'est ce que tente de montrer l'article d'un philosophe flamand qui fait scandale ....

Message par Bernard le Mar 19 Sep - 16:52

Peut-on mettre le nazisme et l’islamisme en balance ?
Dans un essai, le jeune philosophe flamand Maarten Boudry, réputé proche de la droite « trumpienne », estime l’hitlérisme moins dangereux que le djihadisme armé. Scandale en Belgique.
LE MONDE IDEES | 15.09.2017 à 14h41 • Mis à jour le 15.09.2017 à 16h03 | Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondantureau européen)
En soi, le djihadisme armé serait plus violent que le nazisme. Et parce qu’il s’inspire d’une idéologie religieuse, il serait, par essence, plus dangereux qu’un phénomène de type séculier, aussi meurtrier soit-il.
En plein été, réagissant aux événements de Charlottesville (Virginie) au cours desquels se sont affrontés des extrémistes de droite américains et leurs opposants, le philosophe Maarten Boudry a sorti l’université de Gand, où il enseigne, et le monde intellectuel flamand de leur torpeur. Faisant référence à un essai qu’il a consacré à la violence gratuite, cet auteur de 33 ans a osé une comparaison entre hitlérisme, communisme et terrorisme islamiste.
A la base de son raisonnement, il y a le fait que le nazisme a commis un génocide et des massacres en s’inspirant d’une logique rationnelle et scientifique. Avec un souci d’efficacité qui, toutefois, n’excluait pas des « hésitations », voire une certaine « honte ». Parce qu’enréalité, à en croire l’auteur, les dirigeants nazis n’ignoraient pas que le but qu’ils poursuivaient était une illusion, une utopie.
Ils incarnaient sans doute le mal absolu, souligne M. Boudry. Toutefois, suggère-t-il, il existe un mal plus absolu encore, celui qu’incarnent l’organisation Etat islamique et ses avatars, inspirés par une religion absolutiste, une croyance fervente en l’au-delà et, surtout, la volonté de scénariser et de montrer les horreurs auxquelles ils se livrent. Certes, les nazis, eux, ne disposaient pas des moyens actuels, mais « auraient-ils placé leurs films sur ¬YouTube ? » ; « Je suis presque sûr que non », a répondu le polémiste au quotidien De Morgen.
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Classer les atrocités
« Maarten Boudry jouit de la liberté académique de poser des hypothèses et d’autres sont libres de les critiquer », a indiqué l’université de Gand, répondant aux nombreuses critiques visant le philosophe. Certains de ses adversaires réclament sa démission, d’autres le traitent de négationniste ou soupçonnent cet intellectuel, réputé proche de la droite « trumpienne », de vouloir minorer la violence du nazisme afin d’exonérer en partie de sa responsabilité le courant qui, dans sa région, sous le couvert de son combat pour l’indépendance, a collaboré avec l’occupant pendant la seconde guerre mondiale.
« La comparaison à laquelle il se livre ne me gêne pas en soi, mais a-t-elle un sens si elle porte sur des périodes, des événements et des acteurs totalement différents ? », interroge Guy Haarscher, professeur émérite de philosophie à l’Université libre de Bruxelles. « Comparer et classer les atrocités, et relativiser dès lors les souffrances, est non seulement blessant et offensant pour les victimes mais aboutit aussi à relativiser – une fois encore – notre propre responsabilité », a écrit, dans De Morgen, sa consœur Petra Van Brabandt. Notre société, souligne-t-elle, ne doit pas minimiser le nazisme au motif que l’Occident devrait s’armer contre une autre forme de haine.
Gie van den Berghe, 72 ans, spécialiste de l’éthique, s’est, lui, livré, dans le magazine Knack, à une recension des erreurs factuelles commises par M. Boudry. Des commandants de camp sanctionnés pour « brutalité excessive », comme le soutient M. Boudry ? Six d’entre eux (sur 66) ont fait l’objet de sanctions mais, sauf dans un cas, ce fut pour des faits de corruption, rappelle M. van den Berghe. Quant à la « honte », elle n’a visiblement jamais été ressentie lors des déportations, rafles et fusillades du nazisme, lequel a entraîné l’Europe dans un conflit qui a causé la mort de 20 millions de personnes – et non « 6 », comme l’affirme M. Boudry.

Bernard

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